03 septembre 2007

Une liberté qui grandit avec l'enfant

Certaines personnes trouvent la pédagogie Montessori très, voire trop stricte. Par certains aspects, il est vrai qu'elle repose sur une certaine rigueur : on manipule le matériel d'une certaine manière et on ne laisse pas l'enfant le détourner pour un usage pour lequel il n'a pas été prévu. L'enfant va chercher son activité et la replace tout seul là ou il l'a trouvé. Il n'y a qu'un seul exemplaire de chaque matériel, aussi il va attendre que le matériel avec lequel il souhaite travailler soit disponible pour pouvoir y accéder.

Et pourtant, parce que l'utilisation du matériel est cadrée, presque ritualisée, l'enfant va y trouver plus que le matériel, va apprendre plus que ce que donne à apprendre l'activité, je l'ai déjà dit plusieurs fois, il va apprendre la concentration, la répétition, la règle, la maitrise progressive et ... la liberté. Parce que une activité, dans un cadre Montessorien, est accessible pour l'enfant aussi souvent et aussi longtemps qu'il en a envie, qu'il peut y revenir quand il le souhaite, la délaisser, l'étudier... Et c'est là que l'enfant apprend la liberté, une liberté à sa mesure, petite, rassurante, limitée, une liberté qui grandi en même temps que lui.

Montessori en famille, vie sensorielle

Le dosage idéal, pour moi, entre un minimum de liberté, de lâcher prise indispensable et un univers quadrillé, entravé de régles, c'est arriver à laisser l'enfant faire ses découvertes tout en le guidant.

Quand on fait une présentation de matériel, en pédagogie Montessori, on fixe une manière de manipuler, derrière un matériel, il y a un but, un apprentissage. On laisse faire l'enfant, même s'il déborde de ce qu'il a vu en présentation, tant qu'il utilise le matériel dans le but prévu. Si l'enfant ouvre et ferme les boites du matériel "ouvrir les boites", je laisse faire quelle que soit la manière. Il y a une liberté même dans l'apparente rigueur de la manipulation.
Selon la personne qui guide l'enfant, il y aura des choses qui seront acceptées ou pas. Par exemple, si mes filles enferment les boites les unes dans les autres et les ressortent, c'est un peu limite mais moi je laisse faire, d'autres interviendraient. Par contre si elles les jettent, si elle font une tour ou un train avec, je vais sortir un matériel qu'elles puisse jeter, avec lequel elles puissent faire un train ou une tour (même si ce n'est plus du matériel Montessori) et je vais ranger les boites. L'enfant est libre de manipuler comme il le veut, dans le cadre de l'apprentissage pour lequel a été conçu le matériel.

Montessori en famill, vie sensorielle

Pour moi, un enfant qui détourne un matériel, soit est trop petit pour le manipuler, soit s'en est lassé et a besoin de passer à autre chose, soit est dans un besoin intense d'un type d'apprentissage et détournera tous les matériels qu'on lui présentera pour arriver à ses fins.

Pour en revenir à la notion de liberté, on lui donne une tout petite liberté à sa mesure, et dans laquelle on le laisse totalement libre. Ça n'a l'air de rien mais ou peut il trouver une pareille liberté que celle de choisir ce qu'il veut faire, de le faire au moment ou il a envie et aussi longtemps qu'il en ressent le besoin, aussi souvent aussi?
Où donne-t-on dans le quotidien quelque chose d'aussi simple et essentiel à un tout petit?

Cette liberté là me parait bien plus importante que celle, décidée par l'adulte, de laisser un l'enfant dans un espace, un environnement qui ne lui donne aucun repère où on le laisse faire ce qu'il veut sous couvert de liberté.

Laisser à un enfant une liberté plus grande que lui, plus grande que ses capacités, je pense que c'est le perdre. Ça me rappelle l'histoire de cet enfant à qui on avait préparé une chambre avec un grand matelas au milieu pour qu'il puisse dormir sans contrainte et que ses parents retrouvaient systématiquement "calé" dans un angle de la pièce le matin. Jusqu'au jour ou ils ont mis un matelas plus petit, bordé d'un gros traversin dans un coin de la chambre, sur les conseil d'un proche. L'enfant était dans son lit tous les matins. À vouloir le laisser trop libre, ses parents l'avaient privé de repères.

Montessori en famille, esprit Montessori, jardinage

2 commentaires:

Anne a dit…

Contente de vous relire!
Et encore merci de partager...

Princesse Petit Pois a dit…

Merci ;-)