J'entends autour de moi, ou je croise sur internet des personnes qui prétendent connaitre la pédagogie Montessori et disent qu'elle ne permet pas la sacrosainte socialisation au nom de laquelle il est indispensable de mettre son enfant dés que possible à l'école. Et ça, ça me mets hors de moi, vraiment.
Je ne critique pas l'école en bloc, ma grande la fréquente et celle de chez nous a le bon gout d'employer des personnes de qualité respectueuses des enfants ce qui est loin d'être si répandu que ça. Je ne me cache pas que si nous avions d'autres moyens financiers, mes filles iraient dans une école Montessori, mais que 4000 euros par an et par enfant, ça ne cadre pas avec nos choix de vies, ni avec nos moyens.
Par contre je ne mets pas ma grande à l'école pour qu'elle se socialise, dieu merci elle a toute la vie autour de l'école pour ça. Parce que à l'école, ce n'est pas de la socialisation, pas à 30 par classe (et dès la section des tout petits dans ma ville), arrêtons un peu de nous voiler la face. À 30 par classe ce qu'ils apprennent des rapports sociaux, c'est la collectivisation. Ils vont tous ensemble aux toilettes, ils font tous ensemble les mêmes apprentissages au même moment et ce moment est décidé par l'enseignant, ils vont tous ensemble en cours de récréation crier tout ensemble et courir encore tous ensemble. Ensuite ils se lavent les mains tous ensemble, vont à la cantine tous ensemble ou rentrent chez eux. Je ne critique pas ces choix là, encore une fois ma fille vit ce rythme et même s'il ne me convient pas philosophiquement, je ne voit pas comment dans une classe de 30 enfants, avec le type de pédagogie enseigné dans les IUFM, je ne voit pas comment les enseignants pourraient faire autrement. Il y a des aménagements : dans la classe de Grand pois, ils vont au toilettes quand ils en ont besoin, il y a des atelier par petits groupes dits "en autonomie" et il s'y passe plein de choses intéressantes au sein du groupe (et surtout des petit groupes de travail), mais qu'on ne me dise pas qu'à 30 enfants dans une classe ce qui s'y passe de social est autre chose que ce que j'appelle la "collectivisation", de la gestion du groupe non pour en valoriser les interactions, mais une sorte de gestion de crise permanente d'un collectif enfantin qui déborde l'adulte de tous les cotés.
Et je suis impressionnée qu'avec une telle masse d'enfants il sorte tant de belles choses des deux classes fréquentées par Grand pois depuis l'an passé. Chapeau bas les enseignantes, dont je connais le grand rêve : moins d'enfants dans les classes...
Ce que je connais de la pédagogie Montessori permet un tout autre type de rapports : je ne pense pas qu'il soit souhaitable qu'une classe Montessori ait un trop grand effectif, mais je sais que c'est possible et que ça peut bien fonctionner. Parce que la pédagogie est fondée sur d'autres bases. La pédagogie s'appuie sur la formation de l'individu, sur sa construction. Pas sur le groupe.

Il y a des interactions sociales très fortes entre les enfants, mais elle ne sont pas collectives, on ne prend pas le collectif à partie, on d'instruit pas le collectif comme un tout, on donne à chaque enfant la possibilité de se construire suivant ses besoins du moment.
Dire que la dimension sociale est pauvre voire inexistante en milieu Montessori, c'est vraiment
n'avoir rien compris de cette pédagogie. Et ça vous l'aurez compris, ça me met hors de moi!!