De la conscience musculaire et sensorielle de ces volumes en bois qui peu à peu modèlent en elle comme une empreinte indélébile de ce qu'est "vraiment" un volume, avant d'être un objet mathématique dont on calcule la surface des différentes faces et le volume?
Un objet qu'elle touche, palpe, soupèse, dont elle étudie du bout du doigt les arrêtes, les surfaces, la douceur?

Un objet qui requière toute son attention, sa concentration et dont elle fait scrupuleusement le tour (ouiiiiiiiiiiiiiii sur la photo, elle touche un socle, pas un volume mais l'idée est là...)?
En pédagogie Montessori, je pense qu'il y a (comme à mon sens dans toute chose), une part de foi, je ne parle pas de religion, juste de foi. On pourrait dire que je spécule, que ce qu'elle fait là avec les petits volumes est complètement déconnecté de ce qu'elle apprendra plus grande sur les "vrai volumes", ceux dont on calcule volume et surfaces...
Oui, je choisis de penser que tout ce qui se construit ici, à un niveau purement sensoriel est la base profonde, le fondement de toute connaissance, pas juste les petits volumes, bien sur, toutes les activités que nous mettons en place à la maison, ainsi que tout ce que font mes filles hors Montessori, non parce que ça nous arrive de faire autre chose ;-). Ce qui est mis en place aujourd'hui permettra demain à bien des connaissances d'arriver j'ose dire "en terrain conquis".
Je me rends compte que je n'ai pas encore parlé lecture ici. Il y a un livre de Maria Montessori que j'aime vraiment beaucoup, et qui creuse ce que je viens d'écrire et bien d'autres choses, c'est "Pédagogie scientifique". Le chapitre sur l'éducation sensorielle reprend dans son introduction les raisons de la pertinance de cet apprentissage.