13 mars 2008

Tag mania...

Il y a longtemps, j'ai reçu un tag, paf....

Longtemps après, je m'attelle à la tache, C'est ici que vous trouverez celle qui est à l'origine de ces indiscrétions.

Donc voici le Règlement:

* Mettre le lien de la personne qui vous tague
* Mettre les règlements sur votre blog
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même
* Taguer six personne à la fin de votre billet en mettant leurs liens
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées

Alors, ce n'est pas évident, parce que je ne suis pas quelqu'un qui a des habitudes, des tics, des tocs...

1) Je hais les plaques chauffantes, j'aime le gaz, réglable, amical, pas du genre à me brûler mes casseroles sans prévenir, ni à faire explose sans crier gare mon plus joli saladier en terre cuite, location oblige j'en subit 4 depuis 20 mois!!

2) Je n'ai pas changé de marque de chocolat depuis au moins 16 ans, j'en teste d'autres, mais je reviens toujours à la même. Passionnant, non?

3) Ma table de séjour est perpétuellement envahie par le matériel Montessori en cours de fabrication

4) Ma meilleure amie est la même depuis nos 14 ans et ce n'est pas près de changer...

5) Si vous voulez me faire perdre une paire d'heure, donnez moi un dictionnaire, si 2 h plus tard j'arrive à m'en extirper, c'est que j'ai une urgence...

6) Jusqu'au tome 5, j'ai relu tous les Harry Potter depuis le premier avant de me lancer dans le nouveau. Après, j'avais des enfants et à peine le temps de lire les nouveaux volumes...

Voilà, pour les nouvelles victimes, s'y colle qui voudra...

29 janvier 2008

Ne rien faire...

J'ai fait cet automne un "passage" d'une semaine dans la classe (Montessori) de mon ami Hadrien. Je n'ai pas encore fait d'article sur cette semaine là et voilà qu'un commentaire sur mon dernier billet me pousse à la dévoiler un peu.
Une des choses qui m'a le plus étonnée dans le déroulement de la classe, c'est tout le temps passé par les enfants à ... ne rien faire. Soit à se balader dans la classe, soit à regarder le travail des autres, soit à se reposer sur un tapis...
Chacun à son rythme peut également aller prendre un snack (fruits frais et secs préparés par un enfant et présentés sur une petite table)

Couper une pomme

Certains enfants ne font "rien" pendant la moitié ou plus de la matinée puis se mettent à travailler et ne s'arrêtent plus.
Beaucoup parmi les plus jeunes observent les autres manipuler, contemplent les présentations, rêvent devant le matériel, et un jour, ils étalent un tapis et montent la tour rose du premier coup, alors qu'ils ne l'avaient pas touché depuis la présentation.
C'est quelque chose qui rejoint pour moi cette idée que la récréation est un temps inutile qui va interrompre l'activité de l'un et arriver trop tard pour l'autre.

Pendant que je fini d'écrire ces lignes, j'ai avec moi le capitaine Petit Pois, grand ami de mes filles qui a entrepris de trier une pleine boite de petits animaux en plastique par famille. Il a décidé de mettre les vaches d'un coté, les cochons de l'autre, les moutons ailleurs... Ce n'est pas une activité Montessori "estampillée", mais je me sert souvent de ces animaux pour du vocabulaire, quand il aura fini (là il en est à chantonner vache, vache, et gros mouton ;-)), je pourrai rebondir sur une leçon de vocabulaire (les mâles et les petits, les nom des groupes des animaux, de leur maison...).

Pendant ce temps mes petits pois dorment, quand elles vont se lever, elles ne dérangeront en rien le déroulement de l'après midi, chacune se choisira une activité où "ne fera rien" un moment, et cela parce que chez moi, comme dans une classe Montessori, ce sont les enfants qui choisissent leur activité, leur rythme, leur moment.
Je vais bientôt mettre en place le snack dans mon salon, pour que chacun puisse se restaurer à son heure, sans devoir attendre celle du goûter. Là encore, c'est quelque chose qui sommeillait en moi et qu'a révélé ma semaine en classe Montessori. De la même manière qu'il y a un rythme d'apprentissage et de repos, un moment propre à chacun pour travailler, se reposer et rêver, il y en a un tout aussi personnel pour se restaurer et recharger ses batteries.

04 janvier 2008

Petits et capables

Petit pois joue depuis quelques temps avec nous au je "Je devine". Ce jour là sur mon plateau, divers objets dont une culotte de poupée.
"J'ai sur mon plateau un objet dont le nom commence par le son "c" (prononcé comme dans cartable et non "cé") Peux-tu me dire lequel?"
Petit pois se précipite sur la culotte et annonce triomphante "Tutote". Oui culotte commence par le son "c"...

Ce qui me ravit, outre la situation tout à fait délicieuse, c'est de voir à quel point cette pédagogie est juste : ma fille est tout à fait capable d'isoler le premier son du mot culotte, elle est par contre pour l'instant incapable de le reproduire. Si je lui demande par quel son commence le mot culotte, elle n'est pas capable de me le dire, alors que manifestement, elle est capable de l'identifier.


Les fractions (cercles partagés)

Parce qu'ils sont encore petits, nous avons souvent du mal à les considérer comme capable de réflexion, d'analyse, or, très souvent, c'est nous qui ne somme pas capable de leur poser les bonnes questions, de les mettre dans les bonnes situations.

19 novembre 2007

Juste une petite présentation rapide

Voici donc un petit mot sur les liens Montessori qui fleurissent à droite de mon blog :
Aide à la vie est le premier blog francophone de fabrication de matériel que j'ai trouvé sur la blogosphère. De manière absolument pas accessoire, c'est aussi sa rédactrice qui m'a encouragé à suivre ma formation auprès d'Yvette et Catherine. J'aime la précision des explications et l'enthousiasme qui transparait entre les lignes. Montessori ça vous donne une énergie!
Toujours de la même personne, un blog plus témoignage d'un quotidien tout à la fois plein de tendresse et riche d'expériences : Montessori à la maison.
Le blog de l'école à la maison est un espace que j'apprécie énormément, tout à la fois témoignage d'un quotidien sans école et source d'inspiration pour les Montessoriens, s'y glissent aussi des réflexions sur une société bien peu centrée sur l'enfance.
Le dernier arrivé dans ma liste et sur le net, Itsy Bitsy Spider, l'araignée Tipsy de mon enfance tisse sa toile légère et passionnante, témoignage d'une vie ou quotidien rime avec école à la maison, bilinguisme et ... fabrication de matériel.
Enfin, je ne peux que citer l'association au sein de laquelle je me forme, tant il y aurait à dire sur cet élan qu'elle pulse dans mes veine à chaque semaine de formation et chaque coup de téléphone en panique à Yvette ou Catherine quand mes cours ne suffissent plus à m'aider à tracer la route : Aide à la vie, pour son nom, toujours dans les liens à droite pour son adresse.
Merci à tous ces petits bouts de toile finement mêlés dans notre patchwork quotidien...

13 octobre 2007

Coopération et socialisation en milieu Montessori

Les relations entre les enfants en milieu Montessori, je l'ai évoqué dans mon précédant message, ne sont pas initiés par l'adulte mais par l'enfant, quant celui ci s'en sent capable, quand il en a l'envie, quand il en a les moyens. Dans une classe Montessori, et à plus petite échelle à la maison, entre mes filles par exemple ou quand j'ouvre mon salon à d'autres enfants, il se passe tout un tas de choses entre les enfants. Si Petit pois par exemple renverse sa carafe de haricots rouges dans toute la pièce, et qu'elle doit elle même et toute seule tout ramasser, il est fort probable qu'elle se lasse et que cela influe sur son envie de ressortir cette activité là dans les jours suivants. Mais cela n'arrive pas. Parce que Grand pois vient l'aider à tout ramasser, sauf si Petit pois refuse son aide. Parce que les rapports sociaux sont basé sur l'autonomie de l'enfant en tant qu'individu, et sur l'autonomie du groupe à travers chaque individu. Je ne le vis pas encore à la maison parce que je n'ai pas de grand, mais dans une école Montessori, si un enfant casse quelque chose et qu'il est trop petit pour ramasser lui même, c'est un autre enfant qui va balayer les morceaux. Oui même si c'est du verre.

Montessori en famille, vie pratique

Les petits se prennent en charge et les grand prennent en charge le groupe, à leur mesure, selon leur capacité.
Et ça, je le vis à la maison même dans un groupe minimaliste. Ma petite est très autonome, elle fait tout un tas de choses par elle même, et ma grande est de plus en plus serviable, son autonomie commence à dépasser la seule prise en charge d'elle même.
Quand j'ouvre mon salon aux amis de mes filles, je vois encore d'autre choses se mettre en place, des interactions, des prises d'autonomie, des prises de responsabilité qui me laissent à chaque fois émerveillée.

Coopération autour de la tour rose et l'escalier marron

Comme quand un enfant vient me montrer qu'un autre est en train de détourner le matériel, comme quand deux enfants coopèrent pour monter la tour rose et l'escalier marron de concert, comme quand Petit pois aide sa copine à rouler son tapis, parce que les premières fois, ce n'est vraiment pas facile, comme quand Grand pois mesure son ami avec les barres unies pour voir "de combien de petites barres il est grand pareil qu'elle" (sic).

Coopération autour de la tour rose et l'escalier marron

Et je n'ai jamais beaucoup d'enfant en même temps, les interactions sont donc limitées et je n'ai pas un groupe de grand qui est en capacité de prendre plein de chose du quotidien en charge comme refaire les noeuds de chaussures d'un plus petit ou l'aider à nettoyer une table vraiment très sale.
Les interactions entre enfants en milieu Montessori sont décidées par les enfants et non subies et elle sont de l'ordre de la coopération et de l'entraide, comme celle de la vie, la vraie, celle qui commence après l'école.

Collectivisation et socialisation

J'entends autour de moi, ou je croise sur internet des personnes qui prétendent connaitre la pédagogie Montessori et disent qu'elle ne permet pas la sacrosainte socialisation au nom de laquelle il est indispensable de mettre son enfant dés que possible à l'école. Et ça, ça me mets hors de moi, vraiment.
Je ne critique pas l'école en bloc, ma grande la fréquente et celle de chez nous a le bon gout d'employer des personnes de qualité respectueuses des enfants ce qui est loin d'être si répandu que ça. Je ne me cache pas que si nous avions d'autres moyens financiers, mes filles iraient dans une école Montessori, mais que 4000 euros par an et par enfant, ça ne cadre pas avec nos choix de vies, ni avec nos moyens.
Par contre je ne mets pas ma grande à l'école pour qu'elle se socialise, dieu merci elle a toute la vie autour de l'école pour ça. Parce que à l'école, ce n'est pas de la socialisation, pas à 30 par classe (et dès la section des tout petits dans ma ville), arrêtons un peu de nous voiler la face. À 30 par classe ce qu'ils apprennent des rapports sociaux, c'est la collectivisation. Ils vont tous ensemble aux toilettes, ils font tous ensemble les mêmes apprentissages au même moment et ce moment est décidé par l'enseignant, ils vont tous ensemble en cours de récréation crier tout ensemble et courir encore tous ensemble. Ensuite ils se lavent les mains tous ensemble, vont à la cantine tous ensemble ou rentrent chez eux. Je ne critique pas ces choix là, encore une fois ma fille vit ce rythme et même s'il ne me convient pas philosophiquement, je ne voit pas comment dans une classe de 30 enfants, avec le type de pédagogie enseigné dans les IUFM, je ne voit pas comment les enseignants pourraient faire autrement. Il y a des aménagements : dans la classe de Grand pois, ils vont au toilettes quand ils en ont besoin, il y a des atelier par petits groupes dits "en autonomie" et il s'y passe plein de choses intéressantes au sein du groupe (et surtout des petit groupes de travail), mais qu'on ne me dise pas qu'à 30 enfants dans une classe ce qui s'y passe de social est autre chose que ce que j'appelle la "collectivisation", de la gestion du groupe non pour en valoriser les interactions, mais une sorte de gestion de crise permanente d'un collectif enfantin qui déborde l'adulte de tous les cotés.
Et je suis impressionnée qu'avec une telle masse d'enfants il sorte tant de belles choses des deux classes fréquentées par Grand pois depuis l'an passé. Chapeau bas les enseignantes, dont je connais le grand rêve : moins d'enfants dans les classes...
Ce que je connais de la pédagogie Montessori permet un tout autre type de rapports : je ne pense pas qu'il soit souhaitable qu'une classe Montessori ait un trop grand effectif, mais je sais que c'est possible et que ça peut bien fonctionner. Parce que la pédagogie est fondée sur d'autres bases. La pédagogie s'appuie sur la formation de l'individu, sur sa construction. Pas sur le groupe.

Montessori en famille, vie pratique

Il y a des interactions sociales très fortes entre les enfants, mais elle ne sont pas collectives, on ne prend pas le collectif à partie, on d'instruit pas le collectif comme un tout, on donne à chaque enfant la possibilité de se construire suivant ses besoins du moment.
Dire que la dimension sociale est pauvre voire inexistante en milieu Montessori, c'est vraiment
n'avoir rien compris de cette pédagogie. Et ça vous l'aurez compris, ça me met hors de moi!!

11 septembre 2007

La leçon en trois temps : le temps de l'adulte

Cette troisième étape m'a été présenté en formation comme celle de l'adulte et à ce titre parfaitement facultative. S'il est vrai que cette étape me rassure et que je la présente toujours, je suis assez d'accord avec cette analyse.
On reprend toutes les étapes de la deuxième partie (à ce stade, on peut ne pas avoir à reprendre la première partie).
On reprend dans l'ordre les étapes précédentes :

Tu me montres rouge?
Tu me montres bleu?
Tu me montres jaune?
Puis on pose les questions dans le désordre.
Puis on déplace les objets et on pose les questions dans l'ordre puis éventuellement après que l'enfant ait pratiqué, dans le désordre.

Puis on pointe un à un les objets du doigt et on demande à l'enfant de les nommer.
Concrètement, je pointe un par un les trois objets en demandant :
Qu'est ce que c'est?

Il faut bien avoir à l'esprit que si l'enfant se trompe, c'est de notre faute, on a pris le risque du troisième temps trop tôt. On ne doit pas poser de question quand on n'est pas sur que l'enfant est en capacité de donner la réponse.

Si l'enfant prononce mal, on ne le reprend pas, on dit oui et on prononce correctement le mot.
Concrètement : l'enfant dit par exemple "zaune"
"Oui, c'est jaune", sans insister sur le j. L'enfant est capable de comprendre que oui, c'est bien ce mot là et que l'adulte le prononce différemment. Quand il en sera capable, il corrigera sa prononciation de lui même.

Cette étape est aussi, pour moi, l'étape sociale de cette leçon. Par la capacité à mettre un mot sur quelque chose, l'enfant est entré dans le langage. Tout petit, le premier mot qu'il a prononcé, a suscité quelque chose de profond en nous : mon enfant est capable de nommer, il communique par ce langage qu'il absorbe en notre présence depuis toujours.
Par la capacité à apprendre des mots, non pas spontanément, mais parce qu'on les lui enseigne, l'enfant nous montre aussi qu'il est capable d'apprendre non plus uniquement par absorption presque "passive", mais aussi parce qu'il l'a décidé. L'enfant quand il nomme les objets lors de la leçon en trois temps, montre une dimension profondément sociale, il y a une double reconnaissance de cette dimension, par l'adulte qui décide de donner le langage à l'enfant, par l'enfant qui décide de l'accepter. Bon, je suis encore partie dans des considérations philosophiques. ;-)
Quelque chose me dit que ce n'est pas la dernière fois.

La leçon en trois temps, dans le vif du sujet.

La leçon en trois temps va être l'outil de l'éducateur au moins jusqu'à l'entrée dans la lecture. Il va permettre à l'enfant d'acquérir tout un vocabulaire et de rentrer pleinement dans le langage par la maitrise d'un lexique allant du langage courant, quotidien à un niveau de langue très spécifique et précis.

Dans la leçon en trois temps, à de très rares exceptions près, il y a trois parties, les trois temps et aussi trois items, trois choses que l'enfant va apprendre à nommer.

Le premier temps est celui où l'on nomme; à quelque chose de sensoriel, du domaine de la perception, on associe un mot.
Concrètement, si on fait la leçon en trois temps avec la première boite de couleurs (on peut profiter d'un moment ou l'enfant vient de travailler avec ses plaquettes), on va positionner les trois plaquettes sur la table une à une, attirer l'attention de l'enfant en les posant (Regarde...) et les nommer une à une (en les posant, de gauche à droite):
C'est rouge
C'est bleu
C'est jaune
Puis on répète plusieurs fois en pointant chaque plaquette, de gauche à droite. La répétition est nécessaire pour donner à l'enfant le temps d'être imprégné de ce nouveau vocabulaire. Puis on range le matériel.
On va ainsi nommer les trois objets au moins sur une séance, puis on pourra passer au deuxième temps.

Le deuxième temps est celui de la reconnaissance : on met l'enfant en capacité de reconnaitre un objet parmi les trois qui lui sont proposés.
Concrètement, on reprend le premier temps :

C'est rouge
C'est bleu
C'est jaune
En pointant l'objet, puis on va lui demander :
Tu me montres rouge?
Tu me montres bleu?
Tu me montres jaune?

Ma petite réussit mieux quand je lui demande "Tu me donnes bleu", plutôt que "Tu me montres".

On restera encore quelques séances sur cette première étape. Quand l'enfant sera à l'aise et pointera rapidement les trois items sans erreur, on pourra passer à la deuxième étape de ce temps.

La deuxième étape du deuxième temps
On reprends le premier temps et la première étape du deuxième temps :

C'est rouge
C'est bleu
C'est jaune
Puis
Tu me montres rouge?
Tu me montres bleu?
Tu me montres jaune?

Puis on prévient l'enfant : attention, je vais te demander dans le désordre et on demande dans le désordre (sans changer, bien sur, l'ordre des objets sur la table) par exemple :
Tu me montres jaune?
Tu me montres rouge?
Tu me montres bleu?
On varie l'ordre des questions, puis quand l'enfant est à l'aise (sur une autre séance), on passe à la troisième partie de ce deuxième temps:

La troisième étape du deuxième temps
On reprend dans l'ordre les étapes précédentes :
C'est rouge
C'est bleu
C'est jaune
Puis
Tu me montres rouge?
Tu me montres bleu?
Tu me montres jaune?
Puis on pose les questions dans le désordre.

Puis on prévient l'enfant qu'on va mélanger les objets et on déplace lentement sous ses yeux les trois objets pour les mettre dans un ordre différent. On lui demande alors de nous monter les objets dans l'ordre de gauche à droite, on ne va pas rajouter un difficulté en demandant d'emblée dans le désordre, d'autant que cette étape qui parait vraiment inutile est difficile, voire impossible à réussir pour certains enfants.
Concrètement, je déplace les trois objets puis je demande (dans l'ordre)
Tu me montres bleu?
Tu me montres rouge?
Tu me montres jaune?

Si l'enfant fait une erreur pendant le deuxième temps, par exemple s'il montre rouge quand on demande bleu, on va dire, en montrant le rouge qu'il nous propose :
"OUI, rouge", et en montrant bleu : "Bleu. Tu me montres bleu?".
L'enfant ne va pas se tromper et montrer la plaque qu'on vient de nommer, on finit ainsi en beauté sur une réussite de l'enfant et on range.

10 septembre 2007

La fameuse leçon en trois temps, entrée en matière.

Avant de faire mes stages, j'avais entendu parler de la leçon en trois temps, c'était un peu le symbole de la pédagogie Montessori. J'avais pas mal lu sur le sujet et suivant les ouvrages, c'était d'une monstrueuse simplicité, ou tout au contraire tellement compliqué que je voyais mal comment le enfants pouvaient s'en sortir.
Ce qui est sur, c'est que je n'avais absolument pas compris à quoi elle servait. Voilà ce que j'en ai compris aujourd'hui et comment je la pratique.
La leçon en trois temps est donc, pour moi, une manière logique et progressive de faire entrer l'enfant dans le langage. Plus philosophiquement en entrant dans la communication, l'enfant entre dans la société, avec un ensemble de codes dont le plus important est le langage, la leçon en trois temps m'apparait donc aussi comme un outil de socialisation ( pour moi toujours, pas besoin d'être confronté aux autres et donc à la collectivisation pour se socialiser, ça peut avoir lieu en famille, entre la maman et l'enfant). Pardonnez cette incursion philosophique très personnelle, la leçon en trois temps donc.
Quand l'enfant, après avoir pratiqué beaucoup d'activités de vie pratique qui vont tout à la fois rythmer son existence et lui donner des clés pour sa construction personnelle, va aborder la vie sensorielle, il va être confronté au problème du langage, du vocabulaire. Il a pu traverser la vie sensorielle sans avoir besoin de nommer les choses, les objets dont il se servait. Quand il a eut besoin de nommer un objet, ou quand il a eut la curiosité de savoir comment le nommer, il n'a pas eut à mémoriser beaucoup de mots : la carafe de ses versés, l'éponge, le verre, le plateau... Le vocabulaire est limité, il fait partie de toutes manières de son quotidien, souvent il le connaissait avant même la présentation de l'activité.
En entrant dans la vie sensorielle, voilà qu'il utilise des objets nouveaux qui vont être autant d'outils pour mieux habiter son corps. Apprivoiser le toucher avec le matériel rugueux, parfaire sa vision avec le matériel des couleurs, visiter les sensations olfactives des flacons à sentir...

Montessori en famille, vie sensorielle

Autant d'outils dont l'intérêt restera limité si la connaissance n'est pas "verrouillée" par le langage.
À quoi bon apprendre à mettre en paire des plaquettes de couleur si on ne peut nommer la dite couleur d'abord pour soi, parce qu'en nommant, on différencie, on pose deux mots sur la différence, puis pour se faire comprendre, avoir un code commun avec son entourage pour pouvoir être clair pour tous lorsqu'on souhaite parler par exemple du rouge?
La leçon en trois temps va permettre à l'enfant de nommer tout ce qu'il apprend de manière purement sensorielle. D'acquérir une précision de plus en plus grande dans le langage, puisque c'est cette même leçon qui va lui permettre d'apprendre les noms du bleu et du jaune, et de différencier l'ovoïde de l'ellipsoïde, à travers tout le rituel de cette leçon dont l'aboutissement est de nommer ces deux figures qu'il saura différencier bien avant leur donner deux noms distincts.

07 septembre 2007

Écrire ce que l'on a au dedans de soi...

Je n'ai plus rien écrit sur les avancées de Grand pois dans le langage écrit. Revenons donc à ce sur quoi je vous ai laissé la dernière fois : L'enfant, grâce au grand alphabet mobile devient capable d'écrire ce qu'il entend. Je te dis papa, tu entends p a p a , et tu peux poser les lettres p a p a pour écrire ce mot.
Il y a un moment merveilleux où, après qu'on lui ai donné l'accès au grand alphabet mobile, en s'appuyant sur l'alphabet rugueux et en montrant à l'enfant que les lettres de l'alphabet mobile se superposent parfaitement sur celle de l'alphabet rugueux, un merveilleux moment donc, où l'enfant va prendre conscience que tout ce qu'il a au dedans de lui même, tout ce qu'il peut produire comme langage, il peut l'écrire. Il va donc écrire ce qui a du sens pour lui, des prénoms, des choses qu'il a envie de faire, ou comme ma grande des bribes de chansons qu'elle aime.
Bien sur, il va écrire tout cela pour lui même, il ne s'agit pas encore d'écrire pour délivrer un message, faire passer une consigne, donc cette écriture comme intime est purement phonétique.


Ecriture spontanée


L'enfant est dans la jubilation, dans l'explosion de ce qui, de dedans, de pour soi, d'invisible, va pouvoir passer au visible, au concret, et bientôt au partageable par tous.
Et ce qu'il écrit spontanément, librement, pour le simple plaisir de mettre en symboles ce qui n'existait qu'en sons et en vécu va longtemps rester plus facile à écrire que ce qu'on va lui demander d'écrire "pour l'exercice".


Ecriture spontanée